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ATELIER 20 
WORKSHOP 20 (in French)

Pratiques démocratiques : chercheurs et travailleurs sociaux, même combat?

Yahyâ Hachem Samii 
Chercheur doctorant, Centre de recherches criminologiques, Université libre de Bruxelles, Belgique

Les sciences humaines sont depuis longtemps traversées par des tensions, débats, fractures quant à la manière d'aborder la réalité humaine. L'un de ces débats vise la marge de manoeuvre de l'individu par rapport aux organisations : est-il travaillé par celles-ci de manière à se conformer à des prescriptions normatives ou bien contribue-t-il intimement à l'évolution des institutions au sein desquels il vit ? Cette question est loin de se limiter à une discussion de théoriciens. Elle détermine la méthodologie choisie, la méthode employée pour récolter des données et influe dès le départ sur les résultats obtenus. Elle s'immisce également dans les relations que le chercheur(1) peut entretenir avec les individus dont il étudie le travail, pouvant contribuer à un rapprochement ou renforcer la défiance. Bien souvent, le chercheur annonce vouloir éclairer les modes de production, les rationalités sous-jacentes, les logiques invisibles (soit parce qu'elles sont volontairement cachées, soit parce qu'elles se sont banalisées), mais les résultats de ses travaux restent trop souvent cantonnés dans les milieux académiques qui décident de leur validation.

D'une certaine manière, cette problématique ne peut-elle pas être rapprochée de celle des travailleurs sociaux qui entendent, grâce à leur bagage professionnel et à leur travail, contribuer à une meilleure compréhension par l'usager/patient/client de ses difficultés et dès lors à un processus de changement ? Dans quelle mesure le déroulement d'un processus de recherche peut-il constituer une pratique démocratique ?

Au travers de l'exemple de quelques méthodes de recherche (la recherche-action, l'ethnométhodologie et l'analyse en groupe), re-situées dans le contexte socio-économique de leur émergence, il s'agit de présenter les enjeux de la recherche en termes de source de changement, tant pour les chercheurs que pour les individus concernés : à quelles conditions la recherche ne se cantonne plus au projet professionnel du seul chercheur et peut être effectivement et directement utilisée par les individus pour agir sur leur réalité. L'un des noeuds les plus importants réside dans la capacité du chercheur à  adopter, parallèlement au travail conséquent de la recherche, une attitude réflexive qui peut s'avérer d'autant plus déstabilisante. Une difficulté que certaines méthodologies tentent de résoudre et d'encadrer.

Les pistes évoquées peuvent être mises en parallèle avec les questions et pistes soulevées par les professionnels de l'intervention sociale dans leurs rapports avec la population et avec leurs pairs. Que ce soit dans la reconnaissance du travail mené (par qui ? Selon quels critères ?), ou dans les méthodes employées (Quelles places de l'individu et de l'intervenant ? Quelles finalités ?), l'aspect démocratique des pratiques n'est pas un allant de soi. Il implique un bouleversement des modes de pensée du travail social, et des contraintes permanentes en termes de réflexivité et de gestion des conflits.

Il rencontre aussi des limites : comme dans d'autres domaines, la recherche subit des contraintes (notamment en termes de financement) qui pèsent sur le choix des méthodes  et orientent le travail vers des résultats attendus. En outre, les pratiques démocratiques ne risquent-elles pas de se limiter à des sphères locales, laissant de côté des enjeux situés à des niveaux plus larges (méso- et macro-sociaux) au profit de questions plus identitaires(2) ?
 
1. « Le chercheur » désignera, par facilité de rédaction, une femme ou un homme.
2. À la date du colloque, j'aurai entamé et terminé mon travail de terrain auprès des assistants de justice.

 

  

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